Partager l'article ! apnée: Je suis en apnée. Je respirerai après la création des "petites empêchées". Après les représentations plutôt, puisque ce ...
Journal de bord de la Cie Sambre
par Carole Thibaut - directrice artistique
Je suis en apnée. Je respirerai après la création des "petites empêchées". Après les représentations plutôt, puisque ce coup-ci je suis aussi sur scène. Ce matin les yeux me brulent à cause de la fatigue. Hier je comptais rentrer chez moi juste après la répétition, à 18h. Hier soir il n'y avait pas d'atelier : vacances, soirée libre, la quille ! Finalement je suis restée dans les bureaux du théâtre jusqu'à 22h. Jusqu'à ce que mon ordinateur tombe en panne de batterie. L'ordinateur avait moins de batterie que moi. Jusqu'au jour où? Je suis rentrée, j'ai commandé un repas sur internet et j'ai terminé les deux dossiers de subvention à rendre cette semaine, à minuit. A 1h du matin le repas était froid et vaguement collant. L'un des dossiers portait sur un projet pour lequel nous avions demandé 11 000 € et pour lequel il nous a été accordé 1100. Le projet d'accompagnement de la création des "petites empêchées" sur toute la saison, qui concerne 6 groupes d'enfants, d'adolescent/e/s et de femmes. "Passionnant mais n'entrant pas dans la case adéquate". Il y a de plus en plus de cases de moins en moins adéquates. Difficile de faire entrer des projets artistiques dans des cases de plus en plus serrées et normées. A moins de tricher. Ce que je me refuse encore à faire. On nous demande d'adapter le projet à la somme octroyée... Le projet ne peut être adapté. Je le voudrais qu'il ne le pourrait plus. Il est lancé depuis octobre et s'achèvera en mai. Et les subventions sont votées en mars pour les projets de l'année en cours... Quelle absurdité. Ce sont les finances de la compagnie qui devront s'adapter et mon temps de travail s'élargir un peu plus, comme un élastique qu'on n'en finirait pas de tendre. Chaque année je dis que cela ne sera plus ainsi. Chaque année je me retrouve prise dans la même course. On a toujours le choix si on veut disent certains. oui bien sûr. Et puis ça me plaît. ça me passionne. Oui bien sûr. Mais a-t-on vraiment le choix dans nos métiers où il faut tant se bagarrer, conquérir la moindre chose de haute lutte, d'autant plus si on est auteur/e aussi de ses spectacles. D'autant plus si on est femme. Les enfants sont partis avec leur père pour la première semaine de vacances. J'ai encore dormi 5 heures cette nuit. Qu'on ne me dise pas "normal pour une "jeune maman". Non. Normal pour une directrice de compagnie.
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Dures journées.
Nuits impitoyables où le sommeil malgré la fatigue nous manque.
On ne compte plus les moutons
hormis ceux qui trainent, sous le lit.
Passion, hélas, quand tu nous tiens.
Des nuits sans sommeil,
des sommeils sans sommier
sans sonnet
saisonnier ?
Je ne sais.
Je ne rêve que du doux ressac de mes plages d'enfant
Rêves qui s'égrènent avec le souvenir comme le sable glissait entre mes doigts.
Et c'est ce qui me fit tenir, jour après jour, nuit après nuit.